J’aime thonon-frontaliers

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Pierre-Alain FERNANDEZ

7 mois ago

Bravo pour la création de cette association pour Thonon.
Ayant vécu dans plusieurs villes de France, banlieues comprises, et dans des pays étrangers, je ne peux que partager votre point de vue sur les atouts extraordinaires et uniques de Thonon et de sa région, et donc sur l’importance d’anticiper son développement et son rayonnement.

Une série de questions tout de même : Malgré la qualité de vie et l’importance des très nombreuses réalisations faites, l’impression donnée à un ignorant d’urbanisme qui arrive dans la région est celle aussi, parfois, d’un possible manque d’anticipation de la ville dans le développement et dans l’urbanisme en général, en particulier au niveau des transports (route, train, lac). Je dis bien « parfois », car la ville est donc très agréable. Qu’en pensez-vous ?

N’y a-t-il pas un manque d’anticipation, par exemple :
– pour les frontaliers du lac (que l’on appelle pompeusement « usagers des navettes lacustres », peut-être pour ne pas les voir comme des travailleurs pendulaires banlieusards d’une ville suisse, ce qui assimilerait Thonon à une cité dortoir) : Bien sûr, leur nombre est croissant… mais n’était-ce pas prévisible ? Et ceci en absence de navette et de tout parking adapté ! Les installations d’accueil à Rives pour voitures, vélos, scooters et trottinettes sont complètement débordées depuis plusieurs années, et ne cessent de l’être davantage, d’où, par exemple, une accumulation quotidienne invraisemblable de voitures le long de la promenade au bord du lac. Les décisions successives d’interdire progressivement aux frontaliers tous les parkings proches n’aident pas. Pourquoi leur interdire la totalité du parking des Clerges ? Une partie aurait suffit, sauf peut-être pour les riverains actuels et futurs ? Peut-être que la vision quotidienne de l’entassement des « voitures ventouses » des frontaliers peut nuire à l’équilibre de certains ? Au niveau des vélos, le nombre de places pour accrocher un vélo à Rives, pour frontaliers, locaux, utilisateurs des bars, ou touristes est juste anecdotique ! Qu’en pensez-vous ?
– pour les autres frontaliers de Thonon ne pouvant prendre un bateau (en ce premier quart du XXIe siècle, ils aimeraient sans doute pouvoir utiliser le train et le bus, comme les pendulaires des villes de Suisse), il n’y a, le plus souvent, qu’une seule solution viable : utiliser la voiture. La ligne de bus T71 pour Genève ne semble pas priorisée, pas articulée avec les lignes de bus suisses. Est-ce exact ? En tout cas, ses arrêts ne sont même pas indiqués à Thonon ! Même constat pour les lignes de chemin de fer, ou plutôt la ligne car elle n’est toujours pas à double sens en 2018 ! Comme vous le savez, utiliser le train depuis Thonon, pour circuler dans la région, pour aller travailler à Genève, ou pour rejoindre les autres villes de France et de Suisse, est long. Dans ce contexte, pour un ignorant d’urbanisme, l’arrivée du CEVA ne semble guère anticipée non plus : future gare, futur parking pour les voitures des frontaliers de la région, développements en fréquences des trains, taille des quais, lieux de correspondances avec des bus vers d’autres villes ou des parkings extérieurs, lieux de dépose minute… tout semble déjà sous dimensionné, dans un quartier bloqué, déjà livré aux promoteurs immobiliers. Est-ce exact ? Qu’en pensez-vous ?
– dans le désenclavement routier et ferroviaire de la région en général : n’y a-t-il pas un manque de coopération historique entre villes voisines pour une future autoroute vers Thonon?
A titre d’anecdote, il est curieux pour un étranger arrivant à Thonon par la route de constater que toutes les routes qui y mènent sont petites et saturées, mais que par contre il y a un beau contournement pour ne pas y entrer!
– dans l’urbanisme et la croissance immobilière de la ville, qui semble livrée à des promoteurs soucieux de gains rapides, car certaines constructions ne semblent pas d’excellente qualité. Est-ce que cela est prévu ? Est-ce que les infrastructures suivent ? Dans les faits, parkings, rues, écoles ne suivent pas où sont agrandis à la hâte, en entassant les enfants dans des préfabriqués pendant les travaux, et toujours en diminuant espaces verts et surfaces de récréation. Et le reste que l’on voit moins (électricité, égouts, eau, gaz, déchetterie, etc…), est-ce que cela anticipe ou arrive à suivre ?
– pour les pistes cyclables de la ville enfin, complètement négligées depuis un demi siècle : un visiteur danois ou hollandais doit bien rire de voir les couloirs dangereux tracés à la hâte à la peinture dans les rues étroites de la ville ! Pourtant le vélo électrique, se développe depuis plus de 20 ans déjà, d’où un nombre croissant de cyclistes, et plus âgés !
– pour l’hôpital enfin et le développement des soins médicaux de proximité en général, sujet très douloureux pour de nombreuses personnes. Il est curieux de constater, dans cette ville qui a, sauf erreur, l’un des taux d’impositions sur la fortune les plus élevé de France, qu’une association de sociétés privées du Chablais peut sponsoriser la Maison des Arts, mais que personne ne peut faire don d’un bâtiment digne de ce nom à l’hôpital, par exemple avec des blocs opératoires conformes, et des urgences qui ne ressembleraient plus à un camp de réfugiés. Est-ce moins important que les ronds points fleuris ?

Pour terminer ce questionnement, et toujours à propos de l’hôpital, une anecdote historique peut sans doute illustrer ce possible manque d’anticipation de la ville dans le développement et dans l’urbanisme en général : lorsque l’hôpital d’Evian a été déplacé dans l’hôpital de Thonon dans un nouveau bâtiment construit à côté du premier, on s’est aperçu, mais seulement après l’arrivée de tout le monde, que la parking, déjà saturé, n’avait pas été agrandi ! Il a fallu à la hâte enlever tous les espaces verts restants, pour construire, tout autour, plusieurs parkings, d’où l’hôpital actuel, très riche en béton ! Le rappel de ce fait pour l’hôpital interroge donc bien sur un possible manque d’anticipation dans le développement et dans l’urbanisme en général, pour l’ensemble de la ville…

Dans ce contexte, encore bravo pour votre association.
Et merci de prendre le temps de venir au port au devant des frontaliers et de les questionner.

Pour terminer, je souhaiterais porter votre attention sur un autre atout extraordinaire de la ville que je n’ai pas vu, sauf erreur, mentionné sur votre site : la Maison des Arts du Léman. Cette institution, portée par un directeur et une équipe dynamique, propose à Thonon, à la Grange au Lac d’Evian, mais aussi dans d’autres lieux du Chablais, en particulier durant les longs mois d’hiver sous les nuages (pour ceux qui ne vont pas au ski), une programmation culturelle variée, s’adressant à des publics variés de tous les âges, programmation qui n’a fait qu’augmenter en qualité, innovation et diversité au cours de ces dernières années.
Dans quelques semaines, on pourra également rajouter la magnifique médiathèque.

Encore bravo pour votre action et la création de votre association.

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